Douleurs · Traumatologie
Jambe cassée : fracture, signes et guérison
« Jambe cassée » désigne la fracture d'un des os du membre inférieur : le tibia, le péroné (fibula) ou, plus haut, le fémur. Reconnaître les signes, adopter les bons premiers gestes et comprendre les étapes de la guérison aide à traverser cet accident fréquent.
Quels os se cassent ?
Trois os peuvent être en cause. Le tibia, principal os porteur, se fracture typiquement lors d'un accident de la route, d'une chute à ski ou d'un choc direct ; c'est la fracture de jambe la plus fréquente, souvent associée à celle du péroné. Le péroné, fin et peu porteur, casse parfois isolément, notamment près de la cheville lors d'une torsion. Le fémur, très solide, nécessite un traumatisme violent chez le sujet jeune ; chez la personne âgée, une simple chute suffit lorsque l'os est fragilisé (fracture du col du fémur).
Les signes d'une fracture
- Douleur immédiate, intense et précise sur l'os, parfois avec un craquement perçu.
- Impossibilité de poser le pied ou de tenir debout.
- Gonflement rapide, puis ecchymose (bleu).
- Déformation visible de la jambe ou position anormale du pied.
- Dans la fracture ouverte, une plaie en regard de l'os, parfois avec l'os visible.
Attention : une fissure ou une fracture isolée du péroné peut laisser la marche possible. Seule une radiographie confirme ou élimine la fracture après un traumatisme douloureux.
Premiers gestes
En attendant les secours : immobilisez le membre dans l'axe avec ce qui est disponible (vêtements roulés, coussins) sans serrer, retirez chaussure et bijoux du côté atteint si c'est possible sans manipuler, et couvrez la personne. Du froid à travers un linge peut limiter le gonflement si le déplacement de la jambe n'est pas nécessaire pour l'appliquer.
Prise en charge et consolidation
Après la radiographie, deux grandes options existent. Le traitement orthopédique (plâtre ou botte de marche) convient aux fractures peu ou pas déplacées. Le traitement chirurgical — clou centromédullaire, plaque vissée ou fixateur externe — s'impose pour les fractures déplacées, instables ou ouvertes ; il permet souvent une remise en mouvement plus précoce. Les délais ci-dessous sont indicatifs et varient selon l'âge, le tabagisme et le type de fracture.
| Os fracturé | Consolidation indicative | Particularités |
|---|---|---|
| Péroné isolé | 6 à 8 semaines | Appui souvent repris tôt, selon avis médical |
| Tibia (ou tibia + péroné) | 3 à 6 mois | Consolidation parfois lente, surveillance rapprochée |
| Fémur | 3 à 6 mois | Chirurgie quasi systématique chez l'adulte |
Rééducation et complications
Après l'immobilisation, la jambe a perdu du muscle et de la mobilité. La rééducation avec un kinésithérapeute vise à récupérer les amplitudes de la cheville et du genou, à remuscler progressivement — quadriceps et mollet fondent vite — puis à réapprendre un appui complet et une marche fluide. La reprise du sport se fait par étapes, une fois la consolidation confirmée.
Certaines complications doivent être connues : retard de consolidation ou pseudarthrose (l'os ne se ressoude pas), cal vicieux (consolidation en mauvaise position), raideur articulaire, et phlébite favorisée par l'immobilisation.