Circulation
Phlébite : symptômes et urgence
La phlébite est la formation d'un caillot dans une veine de la jambe. Quand elle touche une veine profonde, le caillot peut migrer vers les poumons : c'est pourquoi certains signes imposent de consulter le jour même. Cette page vous aide à les reconnaître ; le mécanisme est détaillé sur la page thrombose veineuse.
Les signes qui doivent alerter
La phlébite profonde touche le plus souvent le mollet. Les signes classiques, d'un seul côté :
- Douleur du mollet ou de la cuisse, spontanée ou à la pression, parfois simple sensation de crampe qui ne passe pas ;
- Jambe gonflée d'un côté, avec un mollet plus gros et plus dur que l'autre (œdème qui garde l'empreinte du doigt) ;
- Peau chaude, parfois luisante ou légèrement bleutée ;
- Fébricule (fièvre légère) dans certains cas.
Aucun de ces signes n'est obligatoire : une phlébite peut être presque silencieuse, et à l'inverse une douleur de jambe a bien d'autres causes possibles (claquage, crampe, kyste). Seul l'examen médical, complété en général par un écho-Doppler veineux, tranche. Une veine superficielle qui devient dure, rouge et douloureuse sous la peau — souvent sur une varice — mérite le même réflexe de consultation.
Quand appeler, et qui
Le contexte renforce l'urgence : signalez toujours une chirurgie ou un plâtre récents, un long voyage, une grossesse, un cancer ou un antécédent de phlébite. Si le diagnostic est confirmé, le traitement repose sur des médicaments anticoagulants prescrits et surveillés par le médecin — leurs modalités sont évoquées sur la page thrombose veineuse.
Embolie pulmonaire : l'urgence absolue
Facteurs de risque
| Situations passagères | Terrains durables |
|---|---|
| Chirurgie récente (surtout orthopédique ou abdominale) | Antécédent personnel ou familial de phlébite ou d'embolie |
| Plâtre, attelle, alitement, hospitalisation | Âge supérieur à 60 ans |
| Voyage prolongé (avion, voiture, car de plus de 4-6 h) | Cancer et certains traitements |
| Grossesse et suites d'accouchement | Anomalies héréditaires de la coagulation |
| Contraception œstroprogestative, surtout associée au tabac | Obésité, insuffisance veineuse marquée |
Le cumul de plusieurs facteurs augmente nettement le risque : une personne sous pilule qui prend un vol long-courrier avec un plâtre n'est pas dans la même situation qu'un voyageur sans facteur associé.
Voyages et immobilisation : réduire le risque
Lors d'un long trajet ou d'une immobilisation, l'immobilité fait stagner le sang dans les jambes. Pour limiter le risque : se lever et marcher quelques minutes toutes les deux heures, contracter régulièrement les mollets et bouger les chevilles en position assise, boire de l'eau, éviter l'alcool et les somnifères, ne pas croiser les jambes. Chez les personnes à risque, le médecin peut recommander des bas de contention pour le voyage, voire un traitement préventif ponctuel dans des cas particuliers — décision qui lui appartient. Après une chirurgie, suivez scrupuleusement la prévention prescrite (lever précoce, contention, injections éventuelles).