Muscles · Tendons
Le tendon d'Achille : douleurs et rupture
Le tendon d'Achille relie le mollet au talon. C'est le tendon le plus épais et le plus résistant du corps, mais aussi l'un des plus sollicités : il encaisse plusieurs fois le poids du corps à chaque foulée. Deux problèmes le concernent surtout : la tendinite, d'installation lente, et la rupture, brutale.
Anatomie et rôle
Le tendon d'Achille prolonge le triceps sural (les muscles du mollet) et s'insère sur le calcanéus, l'os du talon. Long de plusieurs centimètres, il transmet la force du mollet au pied. C'est lui qui permet la flexion plantaire : se hisser sur la pointe des pieds, se propulser à la marche, à la course et au saut. Sa résistance est considérable, mais sa vascularisation est plus pauvre dans sa portion moyenne, une zone qui cicatrise lentement et se fragilise avec l'âge et la surcharge.
Tendinite (tendinopathie)
La tendinopathie d'Achille correspond à une souffrance du tendon liée à une surcharge répétée : augmentation trop rapide du kilométrage de course, reprise sportive brutale, chaussage inadapté. La douleur s'installe progressivement, au-dessus du talon. Elle est typiquement présente le matin au lever (« dérouillage » douloureux) et à la reprise de l'effort, puis s'atténue à l'échauffement avant de revenir à froid. Le tendon peut être épaissi et sensible au pincement. Sa prise en charge repose sur l'adaptation de l'activité et un travail progressif, à évaluer avec un professionnel.
Rupture du tendon
La rupture est un accident brutal. Elle touche souvent l'adulte de 30 à 50 ans lors d'un effort explosif : démarrage, saut, changement de direction au sport. La personne décrit un signe du coup de fouet : la sensation d'avoir reçu un coup, un caillou ou un coup de raquette à l'arrière de la cheville, parfois avec un claquement audible. Se hisser sur la pointe du pied devient impossible et la marche est très perturbée.
Un examen simple oriente le diagnostic : le test de Thompson. La personne est allongée sur le ventre, pied dans le vide. Lorsqu'on presse le mollet à la main, un tendon intact fait bouger le pied vers le bas (flexion plantaire). Si le pied ne bouge pas quand on serre le mollet, cela évoque une rupture. Ce test s'interprète toujours par un professionnel de santé.
Tendinite ou rupture ?
| Critère | Tendinite | Rupture |
|---|---|---|
| Installation | Progressive, sur des jours ou semaines | Brutale, en une fraction de seconde |
| Déclencheur | Surcharge d'entraînement | Effort explosif, saut, démarrage |
| Sensation | Douleur, raideur matinale | Coup de fouet, claquement |
| Pointe du pied | Possible mais douloureuse | Impossible |
| Conduite | Adapter l'activité, avis médical | Urgence médicale |
Prévention
Le tendon se protège en respectant sa capacité d'adaptation. Augmentez la charge d'entraînement par paliers, sans doubler brutalement les distances. Échauffez-vous avant les efforts intenses et étirez le mollet en douceur, genou tendu puis fléchi. Un chaussage en bon état et adapté à l'activité compte aussi. Le renforcement progressif du mollet, notamment en excentrique (descente lente du talon), améliore la tolérance du tendon. Voir nos exercices pour les jambes.